Le covoiturage en PLS, mais de l’innovation en veux-tu en voilà, le tout dans une seule infolettre

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Édito
Octobre : les couleurs virent doucettement vers le rouge orangé et les feuilles commencent à recouvrir nos trottoirs. Il tombe des trombes de flotte. Et les bagnoles sont partout dans l’actualité. Voilà une brève synthèse pour ceux qui n’ont pas mis le nez dehors depuis quelques semaines (à cause de la pluie sans doute). Mais laissons de côté la poésie automnale pour nous concentrer sur les voitures, et plus précisément les SUV.
Tout démarre le 2 octobre avec la sortie, par l’ONG WWF (Fonds mondial pour la nature), d’un rapport sur la progression des SUV dans les ventes de véhicules neufs en France et les problèmes que cela pose. Petit point définition pour commencer, car ce n’est jamais bien clair ce qui est considéré comme SUV. Pour le WWF, les SUV s’apparentent à un type de carrosserie (à la façon des berlines ou monospaces), ce qui implique que l’on peut en retrouver dans différents segments. Les automobiles qualifiées de SUV ont une caisse surélevée et volumineuse, dont la partie avant est très peu aérodynamique. Ces modèles sont abondamment mis en avant par les constructeurs puisqu’ils leur permettent des marges plus importantes.
Les conséquences directes pointées par le WWF sont des véhicules, sur ces 15 dernières années, en moyenne plus hauts, plus larges, moins aérodynamiques, plus lourds (et donc plus puissants pour compenser) que les équivalents non-SUV. Je vous épargne les chiffres, mais on comprend aisément que ces SUV consomment plus d’énergie et sont logiquement plus émetteurs en CO2 que leurs homologues qui ont gardé (ou tenté de garder) une silhouette plus fine. Cela est encore plus aberrant si l’on considère les SUV électriques, puisque ceux-ci vont avoir besoin de batteries de plus grande capacité pour contrebalancer « l’embonpoint » (les journalistes adorent ce terme), ce qui nécessite davantage de ressources critiques.
Et puis, comme souvent, au-delà des impacts environnementaux, il y a les conséquences sociales. Les SUV sont plus chers, autant à l’achat qu’à l’entretien, que des équivalents moins boursouflés (j’innove dans le langage). Du fait de leur progression dans les ventes de véhicules neufs, ils commencent à inonder le marché de l’occasion, limitant les options à tarif raisonnable pour les ménages les plus modestes.
Enfin, difficile de parler des SUV sans mentionner les enjeux de sécurité routière. De manière générale, il y a un lien entre la puissance des voitures et leur dangerosité. Cela se confirme pour les SUV qui, par ailleurs, du fait de leur lourdeur et d’un pare-chocs plus haut, augmentent les risques de blessures mortelles pour les usagers vulnérables en cas de collision. Travailler à réduire la taille des bagnoles ne résoudrait pas tous les problèmes de comportement certes (aussi tragiques qu’en soient les conséquences), mais cela aurait au moins le mérite de la cohérence écologique, sociale et sanitaire. Ce serait déjà un début.
La revue de presse
Le train est mort, vive le car ! François Durovray, notre nouveau ministre des Transports, a déclaré vouloir « faire émerger de nouveaux modèles. » Comprendre par là, il n’y a pas d’argent pour le train, maintenant on mise sur le car, solution qualifiée de moins coûteuse. Une remarque pas complètement insensée dans la mesure où le montant (colossal) alloué aux infrastructures routières (entretien et construction) n’est pas pris en compte. Oui, bon d’accord. Mais soyez rassurés, car grâce aux cars, il sera possible demain de « travailler, lire, se divertir, se reposer. » Voilà quelqu’un qui n’a pas pris le car depuis belle lurette.
Le covoiturage au plus bas en France — Les Échos
Une étude de Vinci sur son réseau indique que le covoiturage est à son plus bas niveau depuis que les mesures ont débuté en 2021. Presque 86 % des conducteurs sont seuls dans leur voiture aux heures de pointe, soit presque 3 % de plus qu’au printemps 2023. Des perspectives pas très jouasses auxquelles s’ajoutent des expérimentations pas toujours concluantes et très dépendantes de subventions qui risquent de devenir rares à l’avenir. Rappelons également que pour que le covoiturage soit efficace, il faut des transports en commun et des trains (ou des cars suivant votre amour de la cinétose) qui le soient aussi, ce qui nécessite, encore une fois, d’investir un peu.
Tesla dévoile Robotaxi, le taxi autonome qui doit remplacer les voitures — Numerama
Si vous n’avez pas eu votre dose de futur récemment, la conférence « We, Robot » de Tesla devrait vous satisfaire (enfin, si votre idée du futur s’est arrêtée dans les années 80). Son patron, Elon Musk, y dévoile le Robotaxi, un taxi autonome à pas cher pour dans pas longtemps, si, si, promis. On rappelle que le bonhomme est connu pour être pas mal à côté de la plaque sur la prédiction des dates et des tarifs. Des robotaxis donc dont les implications (au-delà de la simple sécurité) environnementales et sociales ne sont pas si claires. Bon, entre ça et les taxis aériens, les fans de dystopie sont ravis en ce moment.
Derrière ce titre à rallonge, une bonne nouvelle, tant il est devenu rare que les mauvais projets d’infrastructures routières soient annulés. Ici, le Boulevard intercommunal du Parisis (BIP pour les intimes), qui visait à relier d’une ligne presque droite les autoroutes A1 et A15 avec une 2×2 voies rutilante, a été remis dans les cartons. Le conseil départemental du Val-d’Oise a fait le choix de rétropédaler sur un programme vieux de 15 ans qui était jugé comme inadapté en 2024. Comme quoi, on sait encore s’arrêter et prendre le temps de réfléchir. Et si c’était cela le véritable nouveau modèle innovant.









