Et le train indispensable, irremplaçable, et pourtant absent, le tout dans une seule infolettre

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Le lien vers l’édition correspondant à cet article : https://fresquedelamobilite.substack.com/p/budget-des-transports-2026-pas-de-nouvelles-mauvaises-nouvelles
Édito
Nous y voici de nouveau, dans la banalité de cet entre-deux gouvernemental où l’on se demande à quelle sauce l’écologie va être mangée. Bon, c’est un peu un faux suspense puisque le projet de loi de finances (PLF) 2026, qui définit le budget pour l’année à venir, est sorti et que, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne révolutionne pas grand-chose pour les transports. Pour autant, nous ne sommes pas à l’abri de quelques surprises (bonnes ou mauvaises) dans les discussions en cours à l’Assemblée nationale ou au Sénat.
Quelques points sont tout de même à noter dans la version « avant amendements » du PLF (comprendre par là que tout ce travail de veille peut, au bout du compte, s’avérer nul et non avenu en fonction du vote final prévu cette fin d’année, vous en faites pas, j’ai l’habitude). Côté voiture, on peut, par exemple, y trouver le durcissement du malus CO2 pour 2028 (et l’augmentation du montant de celui-ci). Le seuil limite serait fixé à 98 grammes de CO2 par kilomètre (contre 108 g/km en 2026) et les malus s’étaleraient de 50 € à 100 000 € par véhicule (oui, avec tous les zéros) contre 80 000 € maximum en 2026. Ce renforcement cherche donc à favoriser la transition vers l’électrique en pénalisant très largement les autos thermiques. Une mesure qui fait débat, d’autant qu’elle ne s’accompagne pas d’une meilleure valorisation ou prise en compte des bonus pour les petits véhicules électriques (les quadricycles, type Citroën AMI, sont toujours exclus d’une prime, par exemple).
Autre sujet de discussion brûlant de ce PLF 2026 : la réduction des avantages fiscaux des biocarburants, dont le bénéfice environnemental vis-à-vis de l’essence ou du diesel est faible pour le dire poliment. Le projet de loi fait râler la FNSEA (un syndicat agricole particulièrement influent) et a, pour l’instant, été rejeté en commission à l’Assemblée nationale. Vu que rien n’est tout noir ou tout blanc en ce bas monde grisonnant, un tel changement serait sans nul doute porteur d’effets désagréables pour une partie des automobilistes (hausse du prix pour l’E85) ainsi que pour certains agriculteurs (déstabilisation de la filière).
Sur le reste, on est dans l’habituel, c’est-à-dire dans l’absence de nouveautés. Le secteur aéronautique est épargné pour cette fois. La taxe de solidarité sur les billets d’avion ne sera pas rehaussée cette année et une éventuelle taxe sur le kérosène n’est plus mentionnée. Il n’y a pas non plus de révolution sur le maritime (certains attendaient des taxations supplémentaires pour les croisières et autres yachts) et le ferroviaire ne fait l’objet d’aucune mesure particulière. Une future loi-cadre, prévue pour début 2026, devrait venir préciser l’avenir des transports… si le gouvernement tient jusque-là.
Pas de grands changements pour l’instant donc, ce qui devrait nous inquiéter au regard de la trajectoire actuelle des émissions du secteur. Au niveau européen, l’interdiction de ventes des thermiques neufs en 2035 fait toujours débat et l’Allemagne pousse maintenant activement pour des aménagements alors que la France et l’Espagne souhaitent maintenir l’objectif (avec des « flexibilités » tout de même). L’ACEA (association des constructeurs européens d’automobiles) n’est pas en reste et milite pour inclure les biocarburants et carburants de synthèse dans le « zéro émission » et pour éviter la réactualisation des émissions des hybrides rechargeables.
Pour ne pas vous abandonner dans les affres de la solastalgie, laissez-moi partager une bonne nouvelle : les prix des voitures électriques chutent sur le marché de l’occasion. Le résultat d’une conjoncture particulière entre baisse de la demande et augmentation de l’offre sur le neuf (notamment par les constructeurs chinois). Une bonne nouvelle pour les consommateurs donc, mais bien moins côté concessionnaires qui, en tant qu’intermédiaires, ont toutes les chances de trinquer. Je vous l’avais bien dit que l’on vivait dans un monde de nuances.
La revue de presse
Véhicules électriques : le leasing social dans les starting-blocks — Actu-Environnement
La nouvelle édition du leasing social est enfin lancée. Les modalités ont quelque peu changé, mais le principe est identique : 50 000 voitures électriques à bas prix ont été mises en location auprès des ménages à faibles revenus. Même s’il est appréciable de revoir un tel coup de pouce (il s’agit bien de cela), on peut regretter qu’il soit inférieur à la dernière fois (7 000 € au maximum contre 13 000 € en 2024) et que la sélection de véhicules ne soit pas davantage conditionnée à des critères ambitieux (notamment concernant le poids des autos, ici limité à 2,4 tonnes, ce qui reste assez élevé). On prend, on prend tout de même, faute de mieux.
Un court rapport d’Oxfam France sur le train et, plus particulièrement, sur la nécessaire rénovation et l’indispensable (regardez-moi égrainer les synonymes) développement des infrastructures ferroviaires du quotidien. Le document fait une bonne compilation des chiffres sur le réseau ferré et insiste largement sur l’importance que revêt la restauration des petites lignes souvent délaissées pour lutter contre la précarité de mobilité. Pour donner quelques chiffres, le réseau secondaire représente tout de même 13 000 km (43 % du total linéaire en France), est, dans l’ensemble, non électrifié (à 85 %) pour un trafic faible au regard des TGV et des lignes principales. Investir a donc pour objectif de conjurer ce mauvais sort en rehaussant l’attractivité de ces lignes tout en diminuant leur impact environnemental. Un bon moyen de rendre la voiture moins essentielle.
Tous en pyjama pour sauver les trains de nuit — Courrier International
Toujours le train, de nuit cette fois, mais encore pour des lignes arrêtées. La liaison Paris-Vienne, lancée en 2021, et celle reliant Paris à Berlin, inaugurée en 2023 par Clément Beaune, ministre des Transports de l’époque (rappelez-vous, c’était il y a quelques gouvernements), vont être stoppées cette fin d’année. Tout ça pour ça, me direz-vous avec l’espièglerie qui vous caractérise. Et vous aurez raison. L’opérateur de ces lignes justifie l’arrêt par le désengagement financier de la France. Quand les utilisateurs en sont réduits à une manif’ en pyjama pour dénoncer la situation, c’est que tout est allé bien trop loin.
Une émission qui fait le point sur le « backlash » écologique auquel on assiste depuis malheureusement trop longtemps. On y parle des inquiétudes légitimes des citoyens concernés par certaines mesures environnementales et de l’instrumentalisation politique qui en est faite. Les intervenants insistent, encore une fois si cela était nécessaire, sur le caractère incontournable, l’impériosité, la nécessité d’embarquer le maximum de monde en veillant bien à ne pas laisser les plus précaires sur le bord de la route.
La RATP annonce l’ouverture d’un musée des transports en 2032 à Paris — France Bleu
Et pour terminer : un peu de légèreté. La RATP ouvrira un musée des transports en 2032. Localisé à Paris dans le 18e arrondissement, vous aurez le plaisir d’y admirer moult métros, tramways, bus et RER. De quoi ravir petits et grands, et surtout les Parisiens qui seront enchantés de passer un peu plus de temps encore dans les transports.









